Mustapha Hadji, l’une des plus grandes figures de l’histoire du football marocain, s’est longuement confié à la rédaction d’Africafoot sur son regard des ambitions du Maroc à la Coupe du monde 2026, les joueurs appelés à défendre les couleurs nationales ainsi que les défis qui attendent les Lions de l’Atlas durant la compétition.
D’emblée, Mustapha Hadji n’a pas hésité à souligner l’ampleur du défi qui attend désormais le Maroc après l’exploit historique réalisé lors du Mondial 2022 :
Le problème aujourd’hui, c’est que tout le monde attend le Maroc et veut nous battre. Le résultat historique obtenu lors de la Coupe du monde 2022 ne laisse aucun répit aux joueurs. Désormais, chaque équipe qui nous affronte, que ce soit le Brésil, l’Argentine, l’Allemagne ou la France, entre sur le terrain avec l’objectif de faire tomber le Maroc. Cela rend la mission difficile, aussi bien sur le plan tactique que psychologique.
L’ancien milieu offensif, fort de ses 63 sélections avec les Lions de l’Atlas, a également mis en avant la période de transition que traverse actuellement la sélection marocaine. Sans remettre en question les choix du nouveau sélectionneur, il estime que l’absence de certains cadres pourrait peser dans une compétition d’une telle envergure.
Mohamed Ouahbi n’est pas moins compétent que Walid Regragui, et je lui souhaite de réussir un parcours similaire à celui réalisé lors du Mondial qatari. Le plus grand défi auquel il sera confronté concerne le nombre important de changements intervenus au sein de la sélection par rapport aux années précédentes. Nous ressentons également l’absence de joueurs du calibre de Hakim Ziyech, Sofiane Boufal et Romain Saïss.
Interrogé sur les choix de Mohamed Ouahbi pour composer le groupe qui disputera la Coupe du monde, Mustapha Hadji a toutefois préféré éviter toute polémique à quelques jours du début de la compétition.
Je soutiens tous les joueurs et je souhaite le meilleur à l’équipe nationale marocaine. Je ne veux pas entrer dans les discussions concernant ceux qui sont présents ou absents. Il faut tourner la page de ce débat, car il ne sert plus à rien à moins d’une semaine du match contre le Brésil. Aujourd’hui, il faut soutenir les joueurs. L’analyse et les discussions viendront après la Coupe du monde.
Au moment d’évoquer ses pronostics pour le tournoi, l’ancien joueur d’Aston Villa et du Sporting CP s’est montré prudent, tout en affichant une réelle confiance dans les capacités de la sélection marocaine. Cette confiance se manifeste notamment à l’approche du premier choc face au Brésil.
Le premier match contre le Brésil sera évidemment compliqué. Le Brésil reste le Brésil. Mais cette équipe n’est plus celle de 1998 ou de 2000 que nous avons affrontée. À notre époque, ils possédaient une équipe terrifiante avec les meilleurs joueurs du monde à chaque poste.
Aujourd’hui, malgré leur vitesse, la présence d’un grand entraîneur et le retour de Neymar, le Maroc possède les armes nécessaires pour leur répondre sur le terrain. Je suis optimiste quant à l’obtention d’un résultat positif.
Il poursuit :
Le match contre le Brésil sera difficile pour la sélection brésilienne également, pas seulement pour le Maroc. La Seleção n’est plus cette équipe qui terrorisait ses adversaires dans les années 1980, 1990 et au début des années 2000. Malgré la difficulté de cette rencontre, je prévois soit une victoire du Maroc, soit un match nul.
Dans le même élan, Mustapha Hadji n’exclut pas de voir le Maroc rééditer l’exploit accompli au Qatar en 2022. Toutefois, il insiste sur la nécessité d’aborder chaque rencontre avec humilité, rigueur et détermination.
Inchallah, pourquoi ne pas répéter l’exploit du Qatar ? Mais nous devons prendre cette compétition match après match et éviter tout calcul prématuré. Les joueurs doivent gérer leurs efforts physiques avec intelligence et entrer dans chaque rencontre avec l’ambition de gagner.