Finale Maroc–Jordanie : une bataille de détails vue par Abdelhadi Sektioui

Abdelhadi Sektioui

À l’approche de la finale de la Coupe arabe, qui opposera le Maroc à la Jordanie, Foot-maroc a sollicité l’expertise d’Abdelhadi Sektioui, technicien marocain reconnu, ancien entraîneur du Wydad Casablanca et du Hassania d’Agadir, et frère aîné de Tarik Sektioui, pour livrer une lecture technique approfondie de cette affiche au parfum particulier.

Au-delà de l’enjeu sportif, cette finale mettra aux prises deux sélectionneurs issus de la même école : Tarik Sektioui, à la tête du Maroc, et Jamal Sellami, sélectionneur de la Jordanie. Un duel d’idées, de principes et de gestion des détails, où la connaissance mutuelle pourrait jouer un rôle déterminant. Pour Abdelhadi Sektioui, cette finale ne se gagnera ni à l’émotion ni à la réputation, mais à la capacité de maîtriser les temps forts, les transitions et les moments clés.

Deux parcours solides, deux philosophies distinctes

Selon Abdelhadi Sektioui, les deux sélections ont atteint la finale par mérite, mais en s’appuyant sur des approches sensiblement différentes.

Le Maroc a construit son parcours sur l’équilibre et la maîtrise :

-8 buts inscrits

-1 seul but encaissé (face aux Comores)

-4 clean sheets

Environ 50 % de possession moyenne

Analyse Sektioui :

Le Maroc n’a jamais été dans l’excès, ni offensivement ni défensivement. L’équipe a évolué avec un bloc médian, en sachant quand presser et quand gérer le rythme.

C’est le signe d’une maturité collective importante.

De son côté, la Jordanie a impressionné par son efficacité et sa verticalité :

-10 buts marqués

-2 buts encaissés

-3 matchs sans encaisser

Environ 38 % de possession moyenne

L’ancien coach du WAC insiste :

La faible possession n’est pas un handicap, c’est un choix assumé.

La Jordanie accepte de laisser le ballon pour mieux exploiter les transitions rapides et attaquer les espaces.

La possession ne fait pas tout, les transitions feront la différence

L’écart dans la possession résume parfaitement la physionomie attendue de cette finale. Le Maroc cherchera à construire, à contrôler et à jouer entre les lignes, tandis que la Jordanie misera sur un bloc compact et des sorties de balle rapides.

Pour Abdelhadi Sektioui, le cœur du match se situera au milieu du terrain :

Les transitions seront déterminantes. Toute perte de balle mal gérée dans l’entrejeu marocain peut se transformer en occasion franche pour la Jordanie.

Duel des buteurs : l’efficacité avant le volume

Sur le plan offensif, Sektioui met en avant un face-à-face symbolique :

-Ali Olwan (Jordanie) : 4 buts

-Karim El Berkaoui (Maroc) : 3 buts

Il explique :

Aucun des deux sélections ne se crée un nombre énorme d’occasions, mais leur taux de conversion est élevé. 

El Berkaoui est un pur attaquant de surface, très fort dans l’exploitation des demi-occasions, tandis qu’Olwan excelle dans les appels et l’attaque des espaces en transition.

Sellami face à sa propre école, Tarik Sektioui en contrepoint

L’un des éléments les plus sensibles de cette finale, selon Abdelhadi Sektioui, réside dans le profil des entraîneurs.

Il souligne :

Jamal Sellami connaît parfaitement le joueur marocain, sa mentalité, ses habitudes de jeu et sa gestion de la pression dans les grands rendez-vous.

Cela offre à la Jordanie un avantage informationnel non négligeable.

Mais cet atout est contrebalancé par la présence de Tarik Sektioui :

 Il est issu de la même école, avec une très bonne lecture tactique. Il saura ajuster le positionnement défensif et limiter les espaces, notamment sur les côtés et sur coups de pied arrêtés.

Les clés techniques du sacre

Pour Abdelhadi Sektioui, la finale pourrait se décider autour de trois axes majeurs :

-La gestion des transitions : le Maroc devra sécuriser ses pertes de balle.

-Les coups de pied arrêtés : deux équipes solides physiquement et bien organisées.

-La fin de match : la Jordanie a montré une grande solidité mentale, tandis que le Maroc a su gérer ses temps forts lorsqu’il menait au score.

La conclusion d’Abdelhadi Sektioui

Sektioui résume :

Nous avons un Maroc plus dominateur dans le jeu et une Jordanie plus efficace dans l’exploitation des moments clés. Les écarts sont minimes, les références tactiques proches, et le trophée se jouera sur des détails.

Cette finale ne sera ni ouverte ni spectaculaire. Elle sera fermée, tendue, et probablement longue à se décanter.

Abdelhadi Sektioui conclut :

Dans ce type de match.

l’équipe qui commettra le moins d’erreurs soulèvera le trophée.